Ebeniste, Marqueterie & restaurateur meuble ancien Paris, Ile de France, Seine & Marne (77), hauts de seine (92)
Ebeniste, Marqueterie & restaurateur meuble ancien Paris, Ile de France, Seine & Marne (77), hauts de seine (92)

Coffret en marqueterie



Coffret en marqueterie, un projet exceptionnel auquel j’ai eu la chance de collaborer avec Antiques Refinishers. Ces deux ébénistes restaurateurs hors paires situés à San Diego (CA), avaient déjà réalisé deux modèles de coffret ces dernières années mais cette fois ils voulaient créer quelque chose de spécial, d’encore plus sophistiqué.

Ce coffret d’une extrême élégance, à été inspiré par celui attribué à André Charles Boulles conservé actuellement au Getty Museum à Los Angeles.

Ce petit chef d’œuvre fabriqué en 4 exemplaires à demandé pas moins de 2 ans de travail. Du dessin à la finition, en passant par la marqueterie, toutes les étapes ont été réalisées à la main dans la plus pure tradition avec des matériaux noble et de qualité. Collé intégralement à la colle animale, offrant donc des possibilités de restauration pour les générations futures.

Ce coffret rectangulaire reposant sur 4 pieds à boules tournées s’ouvre en son couvercle bombé.  Ouverture à clé sur un décor à frise de piastres en marqueterie, celui-ci laisse apparaître un petit miroir de face et une tablette présentoir gainée d’un velour de soie. Un compartiment secret y est ici dissimulé. L’abattant en face dévoile une série de quatre tiroirs. Extérieur plaqué de toute face en placages sciés sur une âme en chêne massif. Ornées de marqueteries d’oiseaux sur des rinceaux de feuilles d’acanthes bordés de fleurs et encadrés par des filets d’étain et laiton.  L’ensemble repose sur une table à quatre pieds gainés, terminés en toupie. Le plateau et les pieds sont profilés de moulures dorées à la feuille d’or. Traverses chantournées à décors de rinceaux d’acanthes et mascarons coiffés d’une coquille. Entretoise en x ornée d’une rosace centrale en marqueterie. Finition vernis au tampon.

Ma part du travail à été de réaliser « l’âme » des coffrets pendant que tout le travail de marqueterie s’effectuait à San Diego. Après avoir reçu les plans et compris l’envergure du projet j’ai tout de suite proposé de travailler avec du chêne de Tronçais. Ce chêne à la particularité d’offrir une régularité et une stabilité exceptionnelle, un point non négligeable d’autant plus que ces pièces, une fois terminées, devait traverser l’atlantique pour rejoindre un tout autre climat. De plus l’histoire du chêne de Tronçais était un point intéressant à exploiter pour ce genre de projet, peu importe leur destination finale ces coffrets transportent donc en eux un peu de l’histoire de France.

En effet, la forêt de Tronçais est reconnue comme l’une des plus belles chênaies d’Europe. D’une superficie de 11 000 hectares, le chêne couvre 80% de sa surface. La première mention connue date de 1189. Il s’agit de droits d’usage accordés par le seigneur de Bourbon au prieur de La Bouteille. Ces forêts sont tombées dans le domaine royal en 1527, par confiscation des biens de Charles III de Bourbon, connétable de France, lequel avait trahi François Ier au profit de son rival, Charles Quint.  Son destin va changer suite à une décision de Colbert lorsqu’il est nommé ministre de la marine de louis XIV en 1669.  Il souhaite faire du royaume de France la première puissance maritime au monde. Il ordonne donc de planter plus d’un million d’hectares d’arbres de haute qualité destinés tout spécialement au bois de marine. Et pour les forêts déjà existantes, il oblige à modifier les aménagements afin de conserver un quart de la surface de chaque forêt en haute futaie. Mais la Forêt de Tronçais est particulière et se distinguait des autres forêts royales. La qualité de ses bois est tellement exceptionnelle, que ses plus beaux chênes n’étaient pas destinés à la marine mais à la confection de tonneaux pour le Cognac et le Bordeaux. Aujourd’hui les derniers beaux spécimens répartis sur 13 hectares sont conservés par l’ONF et classés en réserve biologique. La plupart de ces chênes n’ont pas moins de 300 ans…

 

Pour aborder les points techniques de mon travail, la totalité des opérations ont été effectuées à la main sans machine stationnaires ni électroportatif sauf pour les opérations de débit.

La caisse des coffrets est assemblée à queues d’arondes à onglet. Cette technique d’assemblage non seulement la plus solide à long terme puisque, même sans colle, indémontable sous la force de traction a aussi la particularité de ne laisser aucune surface visible en bois de bout. Un détail important et nécessaire pour obtenir une adhérence optimale du placage au support, toujours à long terme…

Le dessous est assemblé à la caisse par encastrement en queue d’arondes.

Le couvercle est également assemblé en queues d’arondes à onglet. Le dessus cintré a été réaliser avec un collage en 5 plis de placage chêne monté dans un moule et contre moule. Le contreplaqué obtenu est ensuite monté en feuillure sur les éléments du couvercle. Les côtés ont été chantournés selon le cintre du dessus, la face et derrière façonnés pour finir courbe.

Les panneaux du présentoir et miroir sont montés traditionnellement dans un cadre à onglet avec un panneau central assemblés en rainure et languette

Tous les éléments de tiroirs ont été pré débités pour pouvoir être assemblés et ajustés au mieux sur place.

L’ensemble des éléments ont finalement été judicieusement repéré, organisé, et mis en caisse de manière sécurisé pour pouvoir arriver à destination sans encombre (51,6 kg au total tout de même).

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